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mardi, 30 octobre 2007

Pourquoi j'aime Nicolas Sarkozy

083058c5669bfe763c029c36f01fdf6d.jpgJe l'avoue, les élections printanières m'avaient rendu septique quant à l'avenir de notre nouveau président. Manque d'envergure, manque de culture, complexe de supériorité et de domination, goût pour l'argent facile, tout ce qu'on racontait sur lui allait-il être compatible avec ses nouvelles responsabilités ?
Mais voici que maintenant nous pouvons être tout à fait rassurés, et légitimement fiers de notre nouveau maître. Chapeau !!! Pour savoir si bien mener les médias là où vous voulez les voir paître :

- déguiser la fin d'arrangements boîteux avec votre ancienne femme en rupture d'une grande histoire d'amour (annoncé au public le jour d'une grève de fonctionnaires géante, mais cela est sûrement un hasard...) ;

- récupérer avec une impudence déconcertante les grandes figures de la gauche (Jaurès et Blum) ;

- assimiler le travail de vos militants et votre combat pour le pouvoir absolu à l'engagement des résistants antinazis ;

- foncer tête baissée dans les jugements hâtifs et montrer un goût prononcé pour le sentimentalisme (les infirmières bulgares servant de monnaie d'échange à l'un des trafics d'Areva avec ses dictateurs préférés) ;

- dernier exploit : faire passer les membres un peu irresponsables d'une association humanitaire (pour se rendre compte de ce qu'est L'Arche de Zoé) pour des trafiquants d'enfants, dans l'espoir sans doute de nouer de franches amitiés avec le camarade Idriss Deby, président démocratiquement déposé sur son trône par la volonté du précédent gouvernement ;

Je sens que cette liste risque de s'allonger indéfiniment...

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jeudi, 23 août 2007

Sarkozy : L'affaire de la retouche de l'été

Paris Match a publié le 9 août une photographie de Nicolas Sarkozy “retouchée”. C'est L'Express [sous ce joli titre : Les poignées de l'amour] qui en parle en premier.

La conscience du citoyen qui-ne -s'en-laisse-pas-compter se réveille aussitôt : a-t-on fait disparaître, comme au meilleures heures des régimes facho-marxistes du siècle dernier, un ancien collaborateur dont la présence serait devenue gênante, ou qui même aurait été escamoté par des hommes de main dévoués ?
Que non. La retouche porte sur de sommes toute discrètes (mais qui d'un coup ne le sont plus !) et sympathiques excroissances graisseuses, nées de la position quelque peu ramassée du président canotant. Pas de quoi réveiller le pourfendeur de la censure qui sommeille en chaque citoyen français (mais ne dort que d'un œil)...47459e7ca5a9d87dac92e2d93bea3566.jpg

Anecdotique cette nouvelle ? Pas tant que ça pourtant, car elle est révélatrice autant de la promptitude des journalistes (en l'occurrence de L'Express) à se jeter sur la moindre faute d'autres journalistes, en toute confraternité, que de la volonté affichée par la (même ?) presse de montrer une image parfaite du président : la perfection de l'apparence renvoyant à l'excellence de la démarche politique.

Mais à l'inverse, ces photos nous montrent que le roi est nu, et somme toute plus humain qu'il ne voudrait d'habitude le laisser paraître.
Involontairement révélée sans doute cette nouvelle facette de son personnage, mais gageons que notre habile premier communicant saura en profiter...

lundi, 07 mai 2007

L'avènement de l'Empire... ou le triomphe des goguenards ?

Soirée télévisée du 6 mai 2007, un appareil photo numérique à la main :

Peu avant 20 heures, jugeant inutile d'aller zyeuter (comme ces petits futés qui préfèrent regarder les films en médiocre Divix téléchargés en lousdé, pourvu qu'ils les voient avant leur sortie en salle) les résultats sur les sites web des pays limitrophes (l'Outre-Quiévrain servant là de caution pluraliste à ce qui n'est que course au scoop), on palpait nettement la différence d'ambiance : fébrilité des regards chez les socialistes, débordements d'exaltation chez les militants UMP (TF1 en rajoutant toujours un peu plus dans la balance, montrant à l'envi les sourires béats des militants de la rue d'Enghien).

Après l'annonce de la nette victoire de l'UMP, la soirée évolua assez curieusement, les courts reportages se succédant à cadence rapide donnaient l'impression qu'une marée humaine enthousiaste avait spontanément envahi toutes les villes de France, comme s'il fallait absolument reproduire, mais en l'inversant, l'exaltation qui suivit la victoire de François Mitterrand le 10 mai 1981.
Comme pour une sorte de rite d'inversion négative propre au carnaval, une foule nombreuse était réunie place de la Concorde... il faut dire que le spectacle fut à la hauteur de l'attente des militants :

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Harry Roselmack était toujours d'une courtoisie et d'une élégance impeccable.
Derrière lui, il ne se passait pas encore grand'chose.
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Sur France 3, l'ambiance faisait un peu peur...
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La liesse simulée est entrecoupée de moments étranges, peut-être les premiers signes annonciateurs d'un changement d'ère... Comme si on voulait signifier à la presse que dorénavant elle ne fera plus la loi : ici, les dizaines de motos des journalistes qui suivaient le cortège présidentiel, arrêtées rue de Rivoli par des membres des Compagnies Républicaines de Sécurité et des officiers de police zélés, et un peu patibulaires tout de même (sans même forcer le trait).
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Sans doute l'image la plus inquiétante de cette soirée : ce policier (qui me fit aussitôt penser à un soldat allemand comme les représente Spielberg dans Indiana Jones) braquant sa torche sur le caméraman de France 2, et sans doute à travers l'objectif scrutant les français dans les yeux... 
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C'était la foule des Grands Soirs Place de la Concorde
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Les jolis drapeaux de l'UNI étaient en bonne place au milieu de la foule.
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Ayons une pensée pour les courageux militants de cette sympatique organisation étudiante qui tinrent leurs bannières à bout de bras durant toute la soirée... Ils durent le lendemain matin sentir leurs petits muscles endoloris...
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Mais qu'attendent-ils donc tous si fébrilement ?
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Ça vallait vraiment le coup de rester. Moment de recueillement...
C'est donc ça le changement !!!
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C'est à ce moment que la ressemblance m'est apparue évidente : une capacité à fasciner les foules par sa parole, à faire appel aux émotions primaires, à chaque fois dire à son interlocuteur ce qu'il a envie d'entendre, à parler à chacun comme s'il était l'unique objet de son affection, et enfin à retourner un par un les membres les plus faillibles du camp adverse :
c'est l'Empereur Palpatine ! *
[*au cas où on se poserait la question : mais qui est l'Empereur Palpatine ?
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Après son départ de la tribune de la place de la Concorde, le nouvel « empereur des français », reparti en Velsatis (signe d'un goût sûr), fut stoppé par la circulation.
Un journaliste de France 2 tenta d'obtenir de lui quelques mots. En vain, la vitre du tombereau présidentiel restant close. Le journaliste en fut tout pantelant (sous les rires de ses mauvais camarades en studio (Elise Lucet et Pujadas). Les journalistes doivent savoir dorénavant comment ils méritent d'être traités : par le mépris. Flatteurs, valets, dominés, menacés, plus jamais respectés.
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Place de la Bastille, le journaliste pleurait... mais c'était à cause des gaz lacrymogènes.
Lui ne savait pas trop ce qui se passait. J'appris plus tard de source directe que la police avait eu l'excellente idée de boucler la place avec les gens dedans. Ça n'a pas raté : quelques gauchistes anti-tout se sont cru autorisés à déclencher l'insurrection (je m'avance un peu, mais je ne serais pas étonné que les provocations viennent de ces «autonomes» souvent si utiles à la police).
 
À ce moment, le staff de campagne de l'UMP migrait vers ---Le Showcase---, la boîte de nuit récemment ouverte (grâce à une dérogation bizarre des monuments historiques) sous le pont Alexandre III. Peu de temps après, sur France 2, un jeune journaliste annonça fièrement que son équipe avait filmé l'entrée du fils Sarkozy au bras de jeunes filles du meilleur monde, et il semblait déjà se délecter de montrer ses images au public ébaubi.
Mais, sans même qu'il puisse reprendre son souffle, il fut prestement coupé par Elise Lucet, sourire ironique aux lèvres, échangeant avec son collègue des regards complices, et passant ausitôt la parole à Maryse Burgot en direct de Londres, radieuse, épanouie, rendant compte de la joie des français de Londres et du soulagement à l'annonce de la victoire de l'UMP. En toute objectivité.
Saura-t-on donc jamais pourquoi l'entrée du fils du nouveau président dans l'un des nightclubs les plus huppés de Paris ne devait pas être montrée ? Que l'on ne vienne pas me dire que l'info «people» n'est pas moins importante qu'une autre, à l'heure où vient juste d'être élu l'homme politique qui a su le plus savamment orchestrer la publicité de sa vie privée à l'aide des médias.
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La fin de soirée vit se dérouler l'émission de Marc-Olivier Fogiel la plus intéressante depuis longtemps. T'empêches tout le monde de dormir portait bien son nom, car c'était là plus qu'ailleurs qu'on y discutait d'une façon débridée, par exemple lorsque Georges Chetochine* fit ces remarques sur les trucs oratoires de Nicolas Sarkozy, sa manière de s'adresser au cerveau lymbique de l'électeur, à son côté reptilien (coupé bien vite par Fogiel que le niveau de la discussion dépassait).
La belle Najat Belkacem était aussi très en verve (et d'une prestance autrement plus noble que les postures de DSK ou Bernard Kouchner, plus tôt sur les autres chaînes).
J'aime bien ces images où elle a l'air méchante... Tromperie de l'image arrêtée qui rend compte d'expressions figées, alors qu'un spectateur assistant au débat les aurait placé, Najat contre Roselyne, “la méchante fille” vs “la bonne pâte”, de façon strictement inversée. La confrontation de Najat Belkacem et de la grassouillette égérie de la droite autosatisfaite sonnait même comme un cruel démenti au triomphe de l'UMP, qui à force d'enfler et d'absorber ce qui passe à sa portée, bientôt ne pourra qu'exploser.
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Le sous-titre laisse penser que ces mots sortent de la bouche de la députée socialiste. Cette forte pensée n'est évidemment qu'un “message SMS” d'une “pseudo-téléspectatrice de M6”. 
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Le lendemain matin, dans le métro, cette affiche prenait un sens différent des jours précédents : Kad Merad et Bruno Solo ne pensaient sans doute pas que leur grimace serait si bien adaptée à la situation.

Mais après cette fête empreinte d'une certaine candeur béate (je crois bien avoir entendu le comique Jean-Marie Bigard s'exclamer entre deux rires d'exultation « C'est  vraiment bon d'être de droite, p'tain »), revanche sur les années de frustration d'une droite retrouvant (qui lui en voudrait) la fierté goguenarde du temps des ligues nationalistes sur une gauche incapable d'évoluer et crispée sur un sentimentalisme des valeurs, gageons que ne vienne bien trop vite le temps des sophistes, du double langage, des rigidités idéologiques et des petits calculs secrets, le monde modelé par Leo Strauss, Carl Schmitt et Thomas Schelling.

Algara

 
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